Lorsque l’on sort du cadre classique de deux personnes prêtes à s’écouter mutuellement, on quitte le domaine de la communication pour rejoindre celui de la dialectique et du combat oral.

Un grand nombre de nos clients y sont confrontés : direction générale, DRH, responsables des relations sociales, direction communication, etc.

Dans le cadre de notre formation dédiée à ces techniques de communication en environnement hostile, nous abordons notamment la configuration de la gestion d’un perturbateur au cours d’une réunion publique, assemblée générale ou prise de parole.

Il s’agit de l’un des cas les plus complexes car il implique trois réflexes :

  1. Maintenir le cap du discours – et ne pas laisser le perturbateur imposer son thème ;
  2. Conserver l’attention – et si possible l’assentiment – de l’auditoire ;
  3. Gérer le perturbateur sans empirer la situation.

Dans la dernière ligne droite des élections Américaines, Barack Obama a été confronté au cours d’un discours de soutien à Hillary Clinton à un opposant perturbateur. Une personne âgée, vêtue d’un uniforme de vétéran a tenté d’interrompre son discours et d’attirer l’attention de la foule en brandissant à grand renfort de slogans une pancarte pro-Trump.

Sentant l’attention du public lui échapper, Barack Obama a d’abord demandé aux partisans d’Hillary Clinton de rester concentrés et de ne pas se laisser distraire.

Lorsqu’il a compris que le mal était fait et que le public huait – couvrant son propre discours – Barack Obama s’est lancé dans un périlleux exercice de déminage de la situation en moins d’une minute.

En s’appuyant sur les arguments suivants il a récupéré l’attention de l’audience et délivré son message de soutien à Hillary Clinton :

  • Tout d’abord souvenez-vous que nous avons la chance de vivre dans un pays où chacun peut avoir un avis différent ;
  • D’après son costume il pourrait être un vétéran de notre armée et pour cela nous lui devons le respect ;
  • Il s’agit d’une personne âgée et nous devons respecter nos anciens ;
  • Enfin, si vous n’êtes pas d’accord avec lui, arrêtez de huer et allez voter.

Pour décoder le succès de cette séquence reprenons les recommandations dialectique face à un cas de perturbation:

Etape 1 : Dénoncer la situation de manière rationnelle : exemple : je regrette de ne pas pouvoir poursuivre ma présentation dans de bonnes conditions.

Etape 2 : Conserver l’attention de l’audience : je le regrette d’autant plus pour les personnes qui participent à cette assemblée générale afin d’obtenir des réponses à leurs questions concernant la stratégie de notre groupe

Etape 3: Discréditer ou offrir une porte de sortie au perturbateur : C’est pourquoi je vous propose de vous redonner la parole au cours de la séquence questions / réponses.

Etape 4 : Reprendre le fil de la démonstration et délivrer son message : car le point que j’étais en train de développer est capital pour notre développement à l’international…
En résumé, Barack Obama a parfaitement géré la situation en n’accordant pas à son perturbateur l’importance qu’il espérait, en ne tombant pas dans le piège de lui accorder le statut de victime opprimée et en ne perdant pas de vue son objectif. Une leçon de communication par un homme politique qui fait figure d’expert en la matière !

 

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